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	<title>Archives des croissance - Allo Maurice</title>
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	<description>Allo Maurice !  La diaspora appelle...</description>
	<lastBuildDate>Sun, 09 Jun 2019 19:40:58 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Archives des croissance - Allo Maurice</title>
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		<title>MISSIÉ GUIBERT, MORIS ÈNE PÉI DÉZORD</title>
		<link>https://www.allo-maurice.com/missie-guibert-moris-ene-pei-dezord/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A. Jean-Claude Montocchio]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Jun 2019 19:00:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comme vous vous en souvenez peut-être, certains politiciens et économistes locaux nous ont régulièrement servi dans le passé leurs désirs, ambitions et formules pour émuler Singapour. Pour qui connaît cette île, l’exercice démontre de la candeur, de la naïveté et de l’ignorance. Singapour est, en effet, à des années-lumière au-devant de Maurice, et ce n’est ni demain, ni même dans très longtemps, que nous arriverons à sa cheville. Pourquoi cette différence ? À quoi tient-elle véritablement ? L’occasion nous est donnée de le faire après l’interview que M. François Guibert, le directeur général de notre Economic Development Board, a donnée à un magazine tout récemment. Nous avons donc choisi, pour nous situer par rapport à Singapour, d’écrire un courrier fictif à M. Guibert, qui connaît intimement cette île pour y avoir vécu, si nous comprenons bien ses antécédents. Le voici…</p>
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium; color: #000000;">Chères lectrices et chers lecteurs,</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium; color: #000000;">Comme vous vous en souvenez peut-être, certains politiciens et économistes locaux nous ont régulièrement servi dans le passé leurs désirs, ambitions et formules pour émuler Singapour. Pour qui connaît cette île, l’exercice démontre de la candeur, de la naïveté et de l’ignorance. Singapour est, en effet, à des années-lumière au-devant de Maurice, et ce n’est ni demain, ni même dans très longtemps, que nous arriverons à sa cheville.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium; color: #000000;">Pourquoi cette différence ? À quoi tient-elle véritablement ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium; color: #000000;">L’occasion nous est donnée de le faire après l’interview que M. François Guibert, le directeur général de notre Economic Development Board, a donnée à un magazine tout récemment. Nous avons donc choisi, pour nous situer par rapport à Singapour, d’écrire un courrier fictif à M. Guibert, qui connaît intimement cette île pour y avoir vécu, si nous comprenons bien ses antécédents. Le voici…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium; color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Le Chesnay en Yvelines, le 9 juin 2019</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Bonjour Monsieur Guibert,</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Je me permets de vous adresser le présent courrier sans vous connaître et sans préavis, convaincu que vous ne m’en voudrez pas. Mais, je ne peux résister à l’occasion que vos récentes déclarations à un magazine me procurent pour évoquer avec vous l’impressionnante performance de Singapour depuis son retrait de la « Federation of Malaya » en 1965 pour voler de ses propres ailes, des raisons exactes de son succès (qui pour beaucoup  de gens, même éduqués, se résume à ses seules performances économiques), et à faire une comparaison avec notre propre île, que vous venez aider depuis quelques mois à progresser, du moins dans le domaine de la promotion des investissements.  </span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Je me permets de vous adresser ces quelques mots, car ce que vous venez tenter de faire chez nous, je l’ai fait moi-même, de 1972 à 2000, à la CCI de Maurice. C’est à ce poste que j’ai eu l’occasion – et le privilège – de visiter Singapour en juin 1977, en visite « officielle » du secteur privé mauricien, et de commencer à découvrir les raisons de sa spectaculaire réussite.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">J’y suis subséquemment allé en de nombreuses fois, toujours pour promouvoir l’investissement à Maurice, en ne manquant jamais à chaque fois d’étudier les raisons profondes plutôt que superficielles des clés du succès de cet État. J’accompagnais lors de ces déplacements l’équipe de la Mauritius Export Development &amp; Investment Authority, l’ancêtre en quelque sorte de votre Economic Development Board. C’est dire que ce à quoi vous vous livrez couramment à Maurice est pour moi un terrain connu.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Dans l’avion qui me ramenait de Singapour lors de la première visite susmentionnée, je me suis mis à réfléchir. À part la propreté remarquable, une efficacité qui force l’admiration, des interlocuteurs tous proprement formés, ce fameux « Hainanese Chicken Rice » et ces autres plats toujours impeccablement préparés, qu’y avait-il de particulier dans cette île minuscule qui pouvait vraiment expliquer sa réussite en si peu de temps ?</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Une première réponse s’est imposée : la communauté majoritaire représentait alors 76 % de la population totale (elle est de 88 % aujourd’hui). Les différences culturelles, qui à Maurice constituent bien des contraintes, étaient et sont toujours minimes, et c’est là un gros atout. Je me souviens même me disant qu’il aurait peut-être mieux valu pour Maurice qu’elle soit constituée de 80 % d’Hindous, car la cause aurait alors été bien entendue, sans problème, frustration ou espoirs aucuns pour la petite minorité restante.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Aujourd’hui, je sais que le succès de Singapour tient surtout et avant tout à d’autres facteurs, nettement moins visibles, mais tout à fait indispensables à la vraie réussite d’un pays. La poignée de pays qui ont véritablement atteint un stade de développement avancé – pays germaniques, pays d’Europe du Nord, Australie, Japon et Canada &#8211; ont à peu près tous plusieurs caractéristiques communes – rigueur, civisme, patriotisme, sens des responsabilités, éducation (le modèle éducatif singapourien est devenu une référence mondiale, n’est-ce pas ?) et formation, perception du sens de l’effort &#8211; et ce n’est vraiment pas accidentel.    </span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Mais au-delà, Singapour a pleinement réussi pour d’autres raisons qui lui sont particulières.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Ainsi, ce n’est pas souvent que l’on a l’insigne chance d’avoir à la tête de son pays un homme de la dimension de Lee Kwan Yew. Cette grande personnalité a imprimé (de manière assez autoritaire, mais nécessaire) au peuple singapourien une motivation, une direction, des qualités morales, une discipline, un sens poussé de l’épargne (par des prélèvements obligatoires sur les salaires), et une détermination qui lui ont énormément servi à faire face courageusement à des situations extrêmement difficiles. Exemple : quand Singapour a pris son indépendance en 1965, l’île dépendait totalement de la Malaisie en eau et son armée était faible. Elle craignait une invasion de Kuala Lumpur, qui ne s’est heureusement pas produite.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">La situation géographique de Singapour sur le détroit de Malacca a été un facteur déterminant de sa réussite. Le spectacle des navires stationnant sur rade en face de l’île est assez impressionnant.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">L’île de Singapour est entourée de pays avec lesquels elle est en concurrence directe sur de nombreux plans. Si elle baisse les bras, elle sait qu’elle en sortira perdante. Mais cette situation lui apporte un atout supplémentaire : les données desdits pays, aussi dynamiques qu’elle, lui fournissent les données qui lui sont nécessaires pour lui permettre de se situer et d’ajuster ses orientations politiques, économiques, militaires et environnementales, entre autres, ainsi que sa productivité, ses objectifs et ses ambitions, par rapport à eux.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Plus que tout peut-être, les Singapouriens éprouvent un sentiment de fierté vis-à-vis de leur pays et de ce qu’il a accompli en un demi-siècle.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">L’enseignement que l’on tire de Singapour et de quelques autres rares États au monde est d’une importance fondamentale : les progrès d’un pays ne se récoltent que si des progrès sont réalisés simultanément dans tous les domaines, soit sur les plans politique, économique, social, moral, culturel, éducatif, sanitaire et environnemental, pour ne citer que ceux-là.  </span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Rien ne m’amuse plus, et ne me navre davantage, que d’entendre de grands économistes mauriciens nous annoncer avec candeur et naïveté, que nous allons devenir dans les prochaines années un « high-income country ». Est-ce que ces gens se rendent compte un seul instant de leur niaiserie et du tort qu’ils font au pays en mettant en avant des vœux pieux, sapant ainsi le vrai sens de l’effort à consentir pour un tel avènement ?</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Osons maintenant comparer ce tableau des pays avancés avec celui de Maurice.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Peut-être devrais-je commencer par vous dire qu’à mon sens, la contribution d’étrangers d’expérience au (long et lent) cheminement de Maurice est indispensable. Il en faudrait d’ailleurs bien davantage d’experts comme vous, surtout dans des domaines comme celui de l’administration, où la sous-performance est notoire et cause un tort immense au pays. Je vous parle en toute connaissance de cause.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Vous avez en quelque sorte de la chance : d’après votre contrat, vous évoluez dans l’île dans un secteur où votre présence ne gêne personne, ou si peu. Allez donc dialoguer avec ceux des étrangers qui ont occupé des postes cruciaux à Maurice dans le passé – exemple : un Canadien au poste de receveur des douanes – et ils vous expliqueront combien on a tenté de torpiller leur mission, pour des raisons que vous ne pouvez plus ne pas deviner après neuf mois passés dans notre cher paradis. Ils dérangeaient. Un bon nombre de ces experts dont le comportement tranchait avec l’esprit tortueux de tout un nombre de mes compatriotes est reparti dépité. Je ne peux que formuler le souhait qu’il ne sera pas ainsi pour vous. Espérons-le du moins !</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Mais revenons à notre chère île et dépassons encore une fois ce que nous pouvons constater de visu sur le compte de ce qu’il faut bien appeler notre « île-foutoir », tant le laisser-aller, la cupidité et le désordre mental, physique et intellectuel sont manifestes.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Premier facteur de limitation : notre isolement géographique. Maurice est au beau milieu de l’océan, « au milieu de nulle part ». Toute son importance stratégique a disparu en peu de temps avec l’ouverture du canal de Suez. Reine sans conteste de l’océan Indien au milieu du XIXe siècle, exportant ses produits, son savoir et usant de ses prérogatives dans de grands pays du bassin de cet océan comme l’Australie, elle n’a survécu que comme fabricante de sucre de la meilleure qualité qui soit parmi les pays du Commonwealth, jusqu’à ce que l’explosion démographique la réduise en « baraque surpeuplée », comme disait V.S. Naipaul, dans les années 1960.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Cet isolement lui a été funeste. Privée d’éléments de comparaison avec les pays autour, qu’elle dominait assez largement, elle s’est laissée aller à la pusillanimité, aidée en cela par les dispositions (ou leur manque) de certains groupes locaux. Les Mauriciens ont ainsi eu le sentiment, qui prévaut toujours, d’être devenus le centre du monde, n’ayant pas à se soucier de considérations sécuritaires, alimentaires, stratégiques (adieu, Diégo et Agaléga !), politiques, économiques et environnementales. Le nombrilisme total !</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Deuxième facteur de limitation : l’accès aux marchés de destination. Son statut de pays membre du Commonwealth et en développement lui a procuré jusqu’à récemment, par le biais de protocoles et d’accords commerciaux, des entrées privilégiées pour ses produits dans les marchés occidentaux. J’ai toujours estimé, dans mes fonctions à la CCI, que sans ces avantages, le pays aurait eu de grandes difficultés à continuer à s’imposer sur les marchés de destination. J’ai bien peur que cette considération commence à jouer pleinement. Je mets en cause la distance avec lesdits marchés, la productivité relativement faible de la productivité de la main-d’œuvre mauricienne, la libéralisation des marchés dans les pays de destination et l’arrêt des relations artificielles que nous avons entretenues avec l’Inde dans l’offshore financier.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Troisième facteur de limitation : notre parfaite incapacité à innover. Différemment de ce que vous pensez, M. Guibert, à part deux inventions dans le secteur sucrier en deux cents ans (technique de fabrication du sucre blanc et système de caisse de remorquage amovible pour les camions), les Mauriciens ont toujours brillé comme des copieurs, pas comme des esprits innovateurs. Une institution bancaire nous a gratifiés récemment d’un rapport simpliste émanant de consultants ne connaissant pas le contexte mauricien qui contenait des propositions de projets dont les Mauriciens pourraient s’inspirer. Tout un programme !</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Quatrième facteur de limitation : le barrage à la méritocratie dans l’île. Comme vous ne pouvez pas l’ignorer maintenant, si Maurice est un paradis (du moins pour certains), ce n’est pas à cause de ce qui s’y passe allègrement en termes de corruption, de trafic d’influence, de passe-droits, d’abus de biens, de drogue, d’insécurité ainsi que tout le reste, mais surtout à cause du fait que tous ces comportements et toutes ces pratiques ne semblent pas pénaliser le moindrement – avant tout sur le plan politique &#8211; ceux qui s’y adonnent pleinement. Curieux, n’est-ce pas, pour qui ne connaît pas la vraie mentalité de X pour cent (impossible à quantifier) des Mauriciens.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Cinquième facteur de limitation : l’absence d’anonymat. Ce facteur est consubstantiel à la place minime qu’occupe la méritocratie dans l’île. Maurice est un grand village, dans lequel non seulement on échappe difficilement au regard, à l’inquisition, à l’envie et à la pression des autres, mais où on subit aussi la conséquence du petit esprit « communalisant » qui prévaut encore chez la majorité des Mauriciens : on est classé d’office, quelles que soient les contingences qui y sont associées et dont on cherche à s’affranchir. Singapour est loin !   </span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Mais Singapour est encore bien plus loin de Maurice en ce qui concerne le deuxième effet de l’absence d’anonymat. Si l’on veut se cacher dans notre île, il faut le faire avec beaucoup de détermination, pour ne pas parler d’ingéniosité. C’est la raison pour laquelle l’influence des sociétés secrètes dans le pays est si bien cachée. Et pourtant, en parallèle avec l’influence politique, l’influence maçonnique est très forte et invasive. Une proportion élevée de « l’élite » intellectuelle, financière et professionnelle du pays se trouve dans les loges, avec le résultat que l’espace laissé à ceux, peu nombreux ou simplement ignorants, qui veulent progresser par eux-mêmes et par leur seul mérite est très étroit.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Sixième facteur de limitation : la culture des dirigeants et des dirigés. Merci de ne pas me méprendre, M. Guibert : ce que je vais dire maintenant est une simple constatation, et non pas une critique à l’endroit de qui ou quoi que ce soit. Mais, comme vous ne pouvez pas ne pas le savoir, vous qui avez vécu au milieu de plusieurs cultures, chacune d’elles a ses atouts et ses limitations, que l’on se place sur le terrain de la politique, de l’économie ou de la morale publique. Ainsi, l’origine et le bagage mental de ceux qui arrivent dans un pays donné, disons Maurice, sous un contrat de travail donné portent avec eux de nombreuses caractéristiques de leur pays et de leur culture d’origine.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Les Hindous venus à Maurice ont donc porté avec eux – comme d’ailleurs tous les autres groupes &#8211; des traits psychosociologiques, des comportements et des signes distinctifs qui les caractérisent facilement par rapport aux autres groupes, pour peu que l’on fasse l’effort de les observer avec attention. Ils sont des pacifistes et ont été jusqu’à récemment des frugaux, deux comportements dont Maurice leur est reconnaissante, car ils nous ont de toute évidence protégés de bien des malheurs que d’autres n’auraient très probablement pas pu éviter. Ils sont aussi très portés pour l’agriculture, dont le processus de plantation est lent.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">La contrainte, c’est qu’ils sont aussi porteurs (assez naturellement, quand on y pense) de dispositions qui ne cadrent pas avec certains aspects cruciaux du développement de Maurice, les activités industrielles en particulier. Leur bilan à cet égard reste très limité. En fait, dans les années 1970, trois d’entre eux ont réussi dans une activité de fabrication (les lames de rasoir, la pâte dentifrice et certains produits pharmaceutiques de base), mais le prix à payer pour ces succès a été assez particulier : tous trois francs-maçons, ils bénéficiaient de la « solidarité » de leur « frère » Premier ministre d’alors, qui avait tout simplement interdit l’importation de produits concurrents ou la fabrication de produits identique localement. En d’autres mots, ils étaient condamnés à réussir, n’est-ce pas ?</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Enfin, la dernière limitation de base à ce titre tient au fait que le sens du bien et du mal et la dignité ne sont pas très présents dans le groupe. L’on voit clairement que l’influence qu’ont pu avoir les Grecs sur l’Occident n’ait pas effleuré le sous-continent indien, et qu’il en résulte un désordre mental à cet égard, du moins à titre comparatif. Les comportements courants d’un nombre élevé de nos supposés « notables », politiciens et officiels compris, le montre très clairement. En d’autres mots, l’importance que l’on attache aux comportements corrects varie d’une culture à l’autre, qu’on soit disposé à l’accepter ou pas.      </span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Faisons ressortir quand même, pour faire bonne mesure, la présence et la contribution de plus en plus édifiante au débat intellectuel et au développement du pays d’une vraie élite hindoue, éduquée, socialement élevée, intelligente, dynamique et objective, qui s’est ralliée sinon depuis l’origine, du moins depuis plusieurs générations, à ce que Maurice peut produire de plus valable en tant que fils et filles du sol. Le problème, s’il en est un, tient au fait que leur émergence continue est constamment entravée par des éléments défavorables qui entraînent, entre autres, leur départ de Maurice pour d’autres cieux.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Dans un tel contexte, votre tâche ne sera pas facile, Monsieur Guibert, d’autant plus que le secteur privé local est un modèle de conservatisme et de pédanterie, dont la quasi-totalité des membres n’aime pas que des étrangers viennent marcher sur leurs plates-bandes. Vous réussirez dans votre tâche, je pense, mais votre bilan sera bien en deçà de ce qu’il aurait pu être si 90 % des habitants de notre île étaient aussi efficaces, performants, consciencieux, motivés et responsables que les Chinois de Singapour, encouragés en permanence par un leader, un vrai ! </span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Je crains que nous ne restions à la traîne sur de nombreux plans pendant encore très longtemps, tant en termes de bilans absolus que relatifs, à cause d’un manque de vision, de fermeté et de perception aiguë de nos vrais impératifs. Le courage qu’il faudrait pour imposer un nouveau départ à notre pays, encore une fois pour faire évoluer l’ensemble des éléments qui compteront vraiment dans son avancement, n’existe pas ou se heurte au sale jeu que jouent ceux qui exploitent, intellectuellement ou autrement, une part toujours majoritaire de nos citoyens.</span></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;"></span></em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">A. </span></em></span><span style="font-size: medium;"><em><span style="font-family: Open Sans; font-weight: normal; color: #000000;">Jean-Claude Montocchio      <br /></span></em></span></p></div>
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		<title>DANS QUELQUES JOURS, PETIT PRA-PRA NOËL VA PASSER…</title>
		<link>https://www.allo-maurice.com/dans-quelques-jours-petit-pra-pra-noel-va-passer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[A. Jean-Claude Montocchio]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 May 2019 16:15:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La présentation annuelle du budget est proche : comme vous savez, elle se fera dans une semaine, le 10 juin… C’est l’occasion pour nous de jeter un œil à un exercice qui, pour beaucoup de Mauriciens, se résumera à se mettre devant un poste de télévision et attendre la partie du discours du ministre des Finances qui comportera, possiblement, un allègement ou un cadeau fiscal quelconque pour eux. À l’intention de ceux qui n’ont pas été formés aux sciences économiques, nous disons qu’un budget est un volet de la politique économique d’un pays dont l’importance est très grande et dont les mesures peuvent donc être positives, simplement neutres, mais aussi négatives et pénalisantes, selon les situations et, surtout, selon les hommes qui la mènent.</p>
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				<div class="et_pb_text_inner"><p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Chers lecteurs et lectrices, chers contribuables,</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">La présentation annuelle du budget est proche : comme vous savez, elle se fera dans une semaine, le 10 juin…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">C’est l’occasion pour nous de jeter un œil à un exercice qui, pour beaucoup de Mauriciens, se résumera à se mettre devant un poste de télévision et attendre la partie du discours du ministre des Finances qui comportera, possiblement, un allègement ou un cadeau fiscal quelconque pour eux.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">À l’intention de ceux qui n’ont pas été formés aux sciences économiques, nous disons qu’un budget est un volet de la politique économique d’un pays dont l’importance est très grande et dont les mesures peuvent donc être positives, simplement neutres, mais aussi négatives et pénalisantes, selon les situations et, surtout, selon les hommes qui la mènent.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Jetons quelques notions et quelques principes de base à la lecture des non-initiés…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">La politique économique d’un pays est constituée de deux volets : sa politique monétaire, et sa politique budgétaire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">A &#8211; La politique monétaire. Celle-ci est menée par la banque centrale, en toute autonomie, dans les pays démocratiques. Elle concerne la gestion des réserves de monnaies, tant locales qu’étrangères, la fixation des taux de change, la réglementation du secteur bancaire et le contrôle des institutions qui y mènent des activités, le suivi constant de la masse monétaire, le contrôle de l’inflation, l’imposition des taux d’intérêts que se chargent les banques entre elles (qui ont une répercussion directe sur les taux d’intérêts pratiqués par les banques envers leur clientèle). Enfin, la banque centrale représente ce qu’on appelle « le prêteur de dernier recours », celui auquel les banques commerciales s’adressent lorsqu’elles sont à court de fonds.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Particularité de cet organisme : il est considéré dans de nombreux pays comme totalement libre de mener la politique monétaire la plus prudente et favorable pour le pays et, de ce fait, les interventions des politiciens dans ses prérogatives sont très mal considérées (surtout si le gouverneur de la banque centrale en question est une forte personnalité, reconnue pour ses compétences). Demandez à Xavier Duval ce qui lui est arrivé lorsqu’il a voulu contraindre la direction de la ‘Bank of Mauritius’, il y a quelques années…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">B – La politique budgétaire. Elle est beaucoup plus complexe et, pour la mener, il s’agit de prendre en compte un nombre considérable de facteurs, tant comptables qu’humains, dans beaucoup de domaines d’intervention.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Comme vous devinez, le budget d’un État ressemble au niveau de son principe au budget d’un foyer. Essentiellement, il faut lever les fonds permettant de financer les dépenses à faire. Mais, différemment du foyer, la politique à mener ici est délicate, car il s’agit de s’assurer que les prélèvements sont justes et ne pénalisent pas les plus démunis, que les fonds alloués sont dépensés à bon escient et efficacement, que les dépenses soient équitablement réparties et contrôlées, et que les ressources allouées servent véritablement à stimuler la croissance et le renforcement des capacités des « agents économiques », car c’est le moyen le plus courant de relever le niveau de vie d’une population.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Le budget de l’État comporte donc généralement une multitude de mesures, dont les principales portent, du côté des revenus, sur trois sources principales – les droits de douane, la TVA et les impôts – et du côté des dépenses sur le financement des besoins des différents ministères et des infrastructures. En agissant sur les revenus et les dépenses ainsi que sur leurs ampleurs respectives, un ministre des Finances peut utiliser un budget pour stimuler la croissance de l’économie, le pouvoir d’achat de la population et les moyens à dégager pour garantir un développement constant et appréciable.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Dans un budget, disons celui de Maurice, il y a toujours un équilibre à trouver entre les revenus, les dépenses et ce qu’on appelle « la formation de capital », ce qui signifie, dans ce dernier cas, que suffisamment de fonds doivent être mis de côté pour que l’État mauricien puisse investir dans une perspective de long terme dans des infrastructures et divers éléments dits sociaux.</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Si l’État ne dépense pas assez, la croissance peut s’en ressentir ;</span></li>
<li><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Si l’État dépense trop, il endette les contribuables pour longtemps ;</span></li>
<li><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Si l’État dépense trop dans le social et la consommation, il pénalise l’investissement et les activités de production ;</span></li>
<li><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Si l’État ne mène pas une politique fiscale (de taxation) appropriée, il crée des inégalités dans le système ;</span></li>
<li><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Si l’État intervient trop dans l’économie, il pénalise les activités du secteur privé, qui est réputé utiliser les ressources disponibles de manière plus efficiente que ne peuvent le faire les pouvoirs publics ;</span></li>
<li><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Si l’État est trop généreux envers les citoyens de manière générale, il fabrique alors des parias qui deviennent de plus en plus dépendants de lui, avec des conséquences désastreuses pour l’initiative personnelle, l’effort et la dignité des individus ;</span></li>
<li><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Si l’État favorise trop la consommation dans notre pays, qui dépend énormément de l’étranger pour son approvisionnement en marchandises et en certains services, nous devons compter de plus en plus sur le tourisme, secteur qui aujourd’hui génère des montants importants de devises étrangères, pour payer pour nos importations selon les réserves disponibles.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Dans certaines circonstances, les politiques au pouvoir pensent que le peuple est capable d’accepter une fiscalité de plus en plus lourde. En France, ça donne les « gilets jaunes ». À Maurice, pendant la deuxième partie des années 1970, la fiscalité directe et indirecte a très lourde. Par ailleurs, les autorités fiscales ont fermé les yeux sur le grand nombre de citoyens taxables qui ne payaient aucun impôt sur leur revenu. Ceci a abouti en 1976 et en 1979 à des journées de désobéissance civile, que nous avons personnellement organisées à Port-Louis. En deux fois, la ville est restée morte pendant toute une journée. Deux dévaluations de la roupie ont suivi, avec des conséquences très douloureuses pour le peuple mauricien.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">De nos jours, la discrimination envers l’impôt se perpétue à Maurice entre régions urbaines et régions rurales (bien que la connotation communale de ces deux géographies soit aujourd’hui moins forte). Rama Sithanen, d’assez loin le plus compétent ministre des Finances qu’ait jamais connu notre pays, avait eu le courage (alors que Paul Bérenger avait tellement hésité, avant de renoncer) d’imposer à l’issue des élections de 2005, une taxation des biens immobiliers dans les régions rurales, ce qui n’était que justice et équité dans un pays républicain. Et comme il fallait s’y attendre, sa mesure a été (très) mal reçue, ce qui signifie en clair que même ceux qui, dans les régions rurales, habitent des demeures suffisamment cossues pour être taxées estiment qu’ils ne devraient pas l’être.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">C’est le ministre des Finances actuel qui, occupant ce portefeuille quelques années plus tard, n’a pas hésité une seconde à abolir cette taxe. Comme chacun sait, à Maurice, les humains des villes et les humains des campagnes, ce ne sont pas les mêmes humains !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Fâcheuse mentalité, qui a prévalu dans toutes les sphères de la société mauricienne à une certaine époque, à l’effet que, dans un pays multiculturel, payer l’impôt est inutile car cela revient à payer pour ce que d’autres peuvent bien payer. Nous en sommes toujours là d’ailleurs avec la « taxe rurale ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Pravind Jugnauth a, de son côté, pratiqué depuis plus d’une décennie, une politique laxiste en matière de fiscalité, à l’inverse de Seewoosagur Ramgoolam. Abolition de la « taxe rurale », abolition de la taxation des plus-values, exonération totale des sommes héritées issues des successions, droits de douane toujours plus bas visant le « duty-free island », imposition très légère des individus et des sociétés, le pays est devenu un paradis fiscal tant pour les Mauriciens que pour les touristes et les étrangers acquéreurs de biens immobiliers très intéressés à venir vivre à Maurice.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Cette politique, pour (très) favorable qu’elle puisse être pour les contribuables de tous bords, conduit aussi à des situations dangereuses. Premièrement, le manque à recevoir, sur le plan fiscal, doit obligatoirement être recueilli ailleurs. Il n’y a qu’à regarder la façon dont la dette du pays s’est accrue depuis 5 ans pour comprendre où les fonds ont été trouvés pour les dépenses publiques. Si on veut comprendre où les dettes de l’État toujours plus fortes peuvent mener, il faut tout simplement jeter un coup d’œil sur la situation sociale actuelle en France.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Deuxièmement, la forme de fiscalité que pratique Maurice est profondément injuste, et conduit à des inégalités fortement perverses en matière d’équité. Au vu des énormes besoins du pays pour son avancement (dont beaucoup ne sont même pas conscients) le « flat rate » de l’impôt sur le revenu pour l’ensemble des contribuables est inacceptable d’un point de vue moral, si tant est qu’une politique budgétaire comporte aussi sa part de moralité. Au risque de se tromper, l’on ne peut s’empêcher de penser que, là encore, c’est bien la dimension électoraliste qui a poussé le gouvernement actuel à se montrer aussi généreux envers les contribuables locaux.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Ceux qui ont le mérite ou la chance de bénéficier de gros revenus dans le pays ne peuvent pas ne pas comprendre qu’une telle politique fiscale n’est pas tenable à long terme, d’abord et avant tout dans leur propre intérêt.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Signalons enfin combien, sur le plan politique, il est difficile, pour ne pas dire presque impossible, de faire remonter le niveau de certaines impositions après qu’elles aient été baissées de manière déraisonnable et opportuniste par les autorités. Les contribuables individuels refusent que l’on touche à leurs acquis et comprennent difficilement les raisons exactes de retours en arrière.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Voilà où nous en sommes actuellement à Maurice. Le toujours plus d’exemptions et de subventions et le toujours plus de prestations publiques a été abondamment commenté ces dernières semaines, et il nous est possible de caractériser la conjoncture économique du pays comme suit :</span></p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Les étalons généralement utilisés pour jauger notre situation économique ne sont pas très favorables : la dette du pays continue à augmenter, la croissance reste modeste et le chômage ne se résorbe pas ;</span></li>
<li><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">D’autres tendances notées sur une longue période traduisent des contraintes plus fondamentales, à caractère structurel. Dans la liste, l’on trouve : i) le profond déficit commercial du pays, qui dénote une incapacité à faire progresser nos exportations ; ii) un régime douanier favorisant la consommation de produits importés au détriment des produits fabriqués localement, la valeur globale des premiers continuant résolument à représenter environ le double de nos exportations de marchandises ; iii) le fort biais de la fiscalité se maintient et creuse des inégalités de plus en plus profondes entre les différents groupes de contribuables ; iv) le « deal » entre un groupe particulier de contribuables/votants et les politiciens du même bord se maintient, à travers l’accord tacite, voire explicite, que traduit le « nous sommes généreux, fiscalement parlant, envers vous, gratifiez-nous de votre vote le moment venu ». Tant pis si à Maurice l’agencement de la relation entre les politiciens et leur clientèle continue à dominer largement l’engagement courageux dans des politiques cohérentes clairement définies, des programmes structurés et des manifestes électoraux à respecter impérativement, qui restent largement secondaires. La subjectivité et la préférence donnée à ceux qui sont du même groupe (nou kalite) reste prédominante, du moins dans une partie de notre communauté nationale encore majoritaire.</span></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Devant une telle situation, il nous faudrait comme ministre des Finances un homme (ou une femme) suffisamment courageux(se) pour inverser les situations et les tendances qui se présentent actuellement. Concrètement, cela reviendrait à adopter les politiques suivantes :</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">A – Mener une politique budgétaire rigoureuse, avec un programme de recettes et de dépenses en équilibre ;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">B – Adopter un budget qui limite les interventions de l’État dans les activités économiques à une proportion raisonnable, afin qu’il n’évince pas les ressources dont ont besoin les entreprises pour se développer ;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">C &#8211; Dégager une politique favorisant la production locale à travers une protection douanière raisonnable, afin que se maintiennent des activités agricoles, industrielles et des services mauriciens dignes de nos capacités ;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">D – Au lieu de dilapider des ressources financières, pour des motifs purement électoralistes, dans des allocations qui iront vers la consommation plutôt que vers l’épargne et l’investissement, consacrer ces mêmes ressources au lancement de projets indispensables pour notre développement, surtout dans les domaines de l’éducation et de la formation, de la protection de l’environnement, de l’éradication des fléaux qui détruisent notre société et de la promotion de la transparence, du civisme et de la citoyenneté, des considérations qui n’ont toujours aucun sens pour la vaste majorité des politiciens en place ;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">E – Inciter fiscalement les entrepreneurs à découvrir et à se livrer à des activités dégageant nettement plus de valeur ajoutée, dans de nouveaux secteurs, que celles qui sont déjà maîtrisées ;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">F – Enfin, et c’est là que le courage politique se manifestera ou pas, il faudra impérativement relever sensiblement, avec des barèmes progressifs, l’imposition des contribuables et des sociétés à partir d’un certain seuil de revenus. Sans ces mesures éminemment pertinentes, il sera difficile de commencer à inverser les tendances et à rembourser les dettes publiques, à trouver les moyens de financer le développement, qui est un vaste chantier, et à pourvoir à des améliorations dans les infrastructures et les secteurs requérant une profonde modernisation.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">De loin, le pire qui puisse arriver à notre pays sera de voir les politiciens continuer à mener leur politique de toujours – « less li al kumsa mem, do ! » envers et contre tout. Plus que tout, ce qui a fait Maurice péricliter au cours des 50 dernières années, c’est le laxisme, la léthargie, le manque de courage et d’ambition, et la démission (morale, s’entend).</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Si l’on veut vraiment favoriser et privilégier l’avancement de Maurice, notre ministre des Finances a l’impératif devoir de privilégier les défis plutôt que les solutions de facilité, les initiatives d’investissement plutôt que la consommation, la sincérité plutôt que l’opportunisme, la franchise plutôt que les déguisements, le concret plutôt que les rêves et les fausses espérances, l’honnêteté plutôt que la fourberie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Dans quelques jours, nous verrons bien si le pays, son développement économique dans la durée et l’avenir de ses habitants comptent plus pour Pravind Jugnauth que l’utilisation de notre politique budgétaire à des fins électoralistes. Dans la conjoncture difficile que nous savons, nous comprendrons bien où il place ses priorités. Nul doute que son discours sera très instructif à cet égard.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Ah ! Nous avons failli oublier de vous donner un conseil : écoutez et lisez les déclarations que feront beaucoup de représentants de tel ou tel autre secteur du pays à la presse juste après le discours du budget ! À part quelques rares propos judicieux et objectifs, le reste de ces déclarations sera truffé de langage politiquement correct ou excessif. Nous savons déjà que pour les partis d’opposition, par exemple, le budget sera forcément mauvais, voire infect.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">Attendons-nous donc à entendre et lire la semaine prochaine de nombreux propos traduisant surtout de la soumission, de l’opportunisme et de la candeur, mais aussi un peu de perspicacité, d’esprit rationnel et d’intelligence.</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: right;"><span style="color: #000000; font-family: Open Sans; font-weight: normal; font-size: medium;">A. Jean-Claude Montocchio      </span></p></div>
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